2011
«une année contrastée, un millésime Harmonieux»
L'année de toutes les émotions :
comment définir autrement 2011 ?
Nous avons subi des conditions climatiques qui n'auront en rien ressemblé à celles qui l'ont précédé, 2009 et 2010, où la nature a semblé se comporter de manière idéale, presque complice des vignerons, des besoins et des attentes de la vigne. Pourtant, 2011, après tous les suspens auxquels elle nous aura soumis, réserve de belles surprises.
On parlera longtemps du printemps 2011, qui aura été extraordinairement chaud, avec des pics de température, certains weeks-ends, jamais vus depuis 2003, la fameuse année de la canicule. La vigne, et les Merlots des terroirs graveleux ou sableux de la rive gauche (Médoc) en particulier ont souffert jusqu'à la mi-juillet, avant de retrouver la fraîcheur et l'humidité avec les précipitations généreuses de la seconde partie de l'été, arrivées à point nommé pour la véraison, moment où les raisins changent de couleur, passant du vert au violet.
Des Bordeaux typiquement... Bordeaux
Cette maturation très précoce nous a contraints à bouleverser le calendrier des vendanges : sur la rive gauche de la Garonne, en Margaux et Haut-Médoc, nous avons récolté à la suite les Merlots et les Cabernet-Sauvignon, contrairement à nos habitudes séculaires. La rive droite cependant (Bordeaux
Supérieur, Montagne Saint-Émilion), avec ses sols argileux retenant l’eau, a permis une conduite des vendanges plus traditionnelle.
Alors, quelle tendance pour le millésime 2011, après toutes ces émotions ? Des vins au final pas si proches que ça du millésime 2003 malgré les excès de température, un juste équilibre entre un fruité bien présent et des tannins arrivés à parfaite maturité, et moins denses,
moins puissants, moins corsés que les 2009 et 2010. Un millésime d’équilibre donc, et, comme j’aime à le dire, de retour à «l’esprit bordelais», au pur caractère de nos crus dans ce qu’ils ont de spécifique : l’harmonie entre fruit et structure.